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« Que pas une de nos actions ne soit pure de la colère » (Aden Arabie, 1931)

Revue ADEN

ADEN 16
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De Cayenne au quai des brumes
* n° 16 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (mai 2018)   Avant-propos de Fabrice Szabo Philip [ ... ]

ADEN 15
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Février 1934 et les écrivains français
* n° 15 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (novembre 2016)  

Publications adhérent

Pierre Bost
La Matière d'un grand art. Ecrits sur le cinéma des années 1930.
Textes réunis, présentés et annotés par François Ouellet
Préface de Bertrand Tavernier

1couv cyan Bost

Éditions La Thébaïde
Coll. « Au Marbre » (2016)

Les quatre-vingts articles de ce recueil, essentiellement parus dans Les Annales politiques et littéraires et dans Vendredi, donnent la vision de Bost du cinéma des années 1930, au moment où ce dernier devient une composante majeure de la culture de masse. Au fond de lui, il souhaite que le septième art devienne un grand art, tout court.

Extraits de la préface de Bertrand Tavernier

« À commencer par le style qui est ici fort, ramassé, clair. Bost aime la langue française et s’en sert admirablement. La construction des phrases, le vocabulaire, cette manière de rendre une pensée évidente et précise, sans acrobatie verbale, procurent une sorte de jubilation et pourraient servir d’exemple – et faire honte – à nombre de folliculaires contemporains. Un style, une pensée, exempts de toute perfidies, de toutes rancœurs. [...] Plusieurs articles sont prémonitoires. Tous ceux qui touchent à la censure, aux films invisibles. Il suffit de remplacer certains termes pour se retrouver en pleine actualité. S’il souligne la très grande qualité de certains films français, il déplore la terrible médiocrité de la production moyenne : “Des œuvres bâclées, faites sans intelligence et sans goût, une extrême vulgarité dans le choix des sujets, une maladresse insultante dans la conduite des acteurs.” [...] Pour Bost, critiquer, c’est explorer, essayer de comprendre, en se trompant parfois, en tâtonnant. Les films sont présumés innocents et il lui arrive de défendre ou de trouver des qualités à une œuvre d’un cinéaste qui jusque-là ne l’a guère impressionné...»

Pierre Bost (1901-1975), écrivain, journaliste, auteur dramatique et scénariste, publie plus de vingt ouvrages dont Porte-Malheur et Le Scandale, prix Interallié 1931. Le critique qui rédigea avant-guerre des centaines d’articles poursuit sa carrière au cinéma et forme un fameux tandem avec Jean Aurenche. Son dernier livre, M. Ladmiral va bientôt mourir, adapté par Bertrand Tavernier devient Un dimanche à la campagne sur le grand écran en 1984 et reçoit de nombreux prix. 

François Ouellet est professeur titulaire de littérature à l’Université du Québec à Chicoutimi, où il détient une Chaire de recherche du Canada sur le roman moderne. Spécialiste d’Emmanuel Bove et du roman de l’entre-deux-guerres, il est membre du Comité de lecture de la revue Aden, et collaborateur régulier à sa rubrique « Comptes rendus de lecture ». Il a publié une quinzaine d’ouvrages. Il est membre du G.I.E.N.

 

 Magdeleine Paz
Je suis l'étranger
(Reportages, suivis de documents sur l'affaire Victor Serge)
Textes réunis, présentés et annotés par Anne Mathieu
Biographie chronologique par Anne Mathieu


1e COUV PAZ BAT. page 001

La Thébaïde
Coll. "Au Marbre" (décembre 2015)

Magdeleine Paz fut pionnière en bien des domains. Figure essentielle et oblitérée de l’histoire intellectuelle de l’entre-deux-guerres, elle lutte contre le racisme, le colonialisme et le stalinisme, pour le droit des étrangers. Exclue du PCF, elle adhère ensuite à la SFIO où elle va porter ces différents combats. Parallèlement, elle est membre du Comité central de la Ligue des Droits de l’Homme.

L’ardeur et la ferveur de ses articles décrivent et dénoncent l’inacceptable, cherchent et donnent à voir la vérité. Elle se transforme alors en « voix des opprimés » via des reportages de combat, engagés, mais aussi militants. Le reportage nourrit son activité militante, de même qu’elle éclaire celui-ci. Ses textes sont des tribunes pour inviter les Français au réveil. Ils sont parfois un outil pour interpeller la véritable conscience de gauche de ses camarades socialistes.

Magdeleine Paz est aussi celle qui porte sur la place publique ce qui est demeurée dans l’Histoire comme « l’affaire Victor Serge ». Cheville ouvrière et âme de la campagne pour la libération de l’écrivain retenu en URSS, elle s’évertue dans la presse et dans sa sphère intime à mobiliser les énergies.

Magdeleine Paz a été, comme elle le disait à propos de sa consœur Andrée Viollis, « une lueur qui a percé le brouillard d’une époque ». Les écrits de ce volume forment une approche inédite de la femme aux multiples facettes qu’elle fut. Bref, c’est bien une intellectuelle d’importance que nous côtoyons ici, consciente de la force de son témoignage et de la certitude de la vérité qu’elle porte.

Anne Mathieu est Maîtresse de conférences Habilitée à Diriger des Recherches en littérature et journalisme du XXe siècle à l'université de Lorraine. Elle est directrice de la revue Aden. Anne Mathieu est spécialiste de Paul Nizan et de Jean-Paul Sartre journalistes et polémistes, de Magdeleine Paz et Simone Téry journalistes, ainsi que d'environ deux cents intellectuels-journalistes antifascistes français et étrangers pendant la guerre d'Espagne et d'une centaine de périodiques sur lesquels sera publié un ouvrage en 2020.

Elle est co-fondatrice du G.I.E.N. et directrice de la revue Aden.

 

    Contre l'oubli.
Vingt écrivains français du XXe siècle à redécouvrir.

François Ouellet (dir.)

Contre loubli

Nota Bene (novembre 2015)

Voici réunis une vingtaine d’écrivains (essentiellement des romanciers) du xxe siècle dont les œuvres ont progressivement sombré dans l’oubli et qui ne sont connues que de quelques lecteurs privilégiés. Certains sont réédités (souvent chez des éditeurs confidentiels), d’autres pataugent dans un silence éditorial à peu près complet, tous peinent à refaire leur place dans une histoire littéraire parcellaire et tendancieuse. Chacun a pourtant beaucoup à offrir et pourrait reprendre le cri du cœur de l’un d’eux, Marc Bernard, en 1967 : « J’en appelle aux chefs-d’œuvre oubliés... ». Il suffit de feuilleter ces pages pour devenir le citoyen d’un autre monde.

À propos de André Baillon, André Berge, Marc Bernard, Pierre Billotey, Roland Cailleux, Jean Cassou, Renée Dunan, François Fosca, Mireille Havet, Roger de Lafforest, René Laporte, Georges Limbour, Pierre Luccin, Jean Malaquais, Régis Messac, Hélène d’Œttingen (dite Roch Grey), Paule Régnier, Georges Ribemont-Dessaignes, Valentine de Saint-Point et Marcelle Sauvageot.

Avec des textes de Patrick Bergeron, Bruno Curatolo, Élodie Gaden, Paul Kawczak, Gilles Losseroy, Geneviève Nakach, François Ouellet, Cyril Piroux, Ivanne Rialland, Natacha Vas-Deyres et Éric Vauthier.

François Ouellet est professeur titulaire de littérature à l’Université du Québec à Chicoutimi, où il détient une Chaire de recherche du Canada sur le roman moderne. Spécialiste d’Emmanuel Bove et du roman de l’entre-deux-guerres, il est membre du Comité de lecture de la revue Aden, et collaborateur régulier à sa rubrique « Comptes rendus de lecture ». Il a publié une quinzaine d’ouvrages. Il est membre du G.I.E.N.

Jean Prévost le multiple
Emmanuel Bluteau et François Ouellet (dir.)

Jean Prvost 001

Presses Universitaires de Rennes
Coll. "Interférences" (octobre 2015)

Vingt ans de vie littéraire : c’est très peu, trop peu. Surtout quand on sait le temps nécessaire pour apprendre à devenir un homme. Certes, Jean Prévost ne perd pas de temps, car il a très tôt le souci extrême de son propre développement intellectuel au sein d’une Europe qui se cherche durant l’entre-deux-guerres et que, ayant tous les talents, il est armé pour la vie, même s’il doit la perdre prématurément en 1944. Soixante-dix ans après sa mort, une relecture attentive de son œuvre – forte d’une trentaine d’ouvrages et de plus d’un millier d’articles –, inachevée par le fait des circonstances, ouvre de nouvelles perspectives de découverte de Jean Prévost.

Prévost entre dans la « carrière » des lettres à l’âge de 23 ans par la grande porte, celle de La Nouvelle Revue française. Jusqu’à la soutenance de sa thèse sur Stendhal en 1942, il s’est dépensé sans compter, écrivant des essais, des romans, des préfaces, des articles et des conférences. Prévost aimait réfléchir, étudier, comprendre, résoudre. Bien penser était pour lui un métier, voire une vocation. « Prévost le multiple », écrivait justement Pierre Bost, le compagnon de toujours. Prévost débute en tant qu’essayiste avec des textes sur le corps humain (Plaisirs des sports) ; il poursuit sa progression avec des essais intimes (Tentative de la solitude, Brûlures de la prière et Essai sur l’introspection) à peine romancés, études de « cas-limites de l’esprit » consacrés à la poursuite d’un absolu intellectuel et de son « moi » profond, essayant de donner un sens à son existence. Le journalisme le requiert aussi, surtout dans la première moitié des années 1930, se tournant vers les titres de la grande presse afin de mesurer l’évolution d’un monde en pleine mutation à la suite de la crise de 1929. Avec la folle ambition d’influer sur le cours des choses. Paraissent entre 1930 et 1937 quatre romans (Les Frères Bouquinquant, Rachel, Le Sel sur la plaie et La Chasse du matin) et un recueil de nouvelles (Lucie Paulette).

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Prévost est un homme plein d’espérance : « J’ai cherché ici ce qui peut être l’espoir des hommes ; j’écrivais en un temps où nous avions besoin d’espérance. » Qui oserait dire que ce mot n’est pas d’actualité aujourd’hui ? Et qui oserait croire que nous n’aurions pas besoin en ce moment d’un écrivain et penseur de la trempe de Jean Prévost ? Un Jean Prévost multiple certes, mais aussi étonnamment moderne.

Emmanuel Bluteau est éditeur et journaliste, secrétaire général de l'Association des Amis des Jean Prévost et rédacteur en chef de la revue Aujourd'hui Jean Prévost. Il est également membre du G.I.E.N.

François Ouellet est professeur titulaire de littérature à l’Université du Québec à Chicoutimi, où il détient une Chaire de recherche du Canada sur le roman moderne. Spécialiste d’Emmanuel Bove et du roman de l’entre-deux-guerres, il est membre du Comité de lecture de la revue Aden, et collaborateur régulier à sa rubrique « Comptes rendus de lecture ». Il a publié une quinzaine d’ouvrages. Il est membre du G.I.E.N.

         Gilles Vergnon

Le "modèle" suédois
Les gauches françaises et l'impossible social-démocratie

Couv vergnon

Presses Universitaires de Rennes
Coll. "Histoire" (2015)

Gouvernée sans interruption de 1932 à 1976 par la social-démocratie, la Suède a longtemps suscité un vif intérêt sur la scène politique française, particulièrement à gauche, mais pas seulement. Dans les années 1970, de nombreux livres, articles et émissions de télévision, lui sont ainsi consacrés. Tous s’interrogent sur l’existence d’un «modèle» suédois : un modèle d’économie mixte, de compromis social, ou d’alternative au capitalisme selon les auteurs. C’est l’époque où Georges Pompidou, interrogé en juin 1969 par L’Express sur l’existence éventuelle d’un « pays modèle» en matière de rapports sociaux, répond : «Disons la Suède, avec un peu plus de soleil».

Dans cet ouvrage, Gilles Vergnon s’interroge sur l’influence d’un modèle réformiste étranger sur les différents courants des gauches françaises, dans un parcours qui nous conduit des années 1930 jusqu’à nos jours. Dans cette perspective, le livre propose « en creux » une histoire des projets réformistes en France, vus au miroir suédois, celui d’une expérience gouvernementale de gauche unique en Europe par sa pérennité et son apparent succès.

A l’heure où l’on parle beaucoup de « tournant social-démocrate » des socialistes français, le livre s’interroge enfin sur le sens et la possibilité d’un tel transfert.

Gilles Vergnon, agrégé d’histoire, est Maître de conférences habilité en histoire contemporaine à Sciences-Po Lyon. Ses travaux portent sur la Deuxième Guerre mondiale et l’histoire des gauches en Europe. Il a récemment publié L’antifascisme en France. De Mussolini à Le Pen (Presses universitaires de Rennes, 2009) et Résistance dans le Vercors. Histoire et lieux de mémoire (Glénat, 2013). Il est par ailleurs adjoint à la rédaction de la revue ADEN et membre du G.I.E.N.