« Que pas une de nos actions ne soit pure de la colère » (Aden Arabie, 1931)

Revue ADEN

mercredi, 21 avril 2021 18:34

Devant la guerre Septembre 1938-septembre 1939 n° 17-18 de la revue Aden. Paul Nizan et les années 30   (avril...

vendredi, 23 décembre 2016 10:33

De Cayenne au quai des brumes * n° 16 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (mai 2018)   Avant-propos de Fabrice...

mardi, 20 décembre 2016 10:33

Février 1934 et les écrivains français * n° 15 de la revue Aden. Paul Nizan et les années trente (novembre 2016)  

Publications adhérent

Jean Prévost le multiple
Emmanuel Bluteau et François Ouellet (dir.)

Jean Prvost 001

Presses Universitaires de Rennes
Coll. "Interférences" (octobre 2015)

Vingt ans de vie littéraire : c’est très peu, trop peu. Surtout quand on sait le temps nécessaire pour apprendre à devenir un homme. Certes, Jean Prévost ne perd pas de temps, car il a très tôt le souci extrême de son propre développement intellectuel au sein d’une Europe qui se cherche durant l’entre-deux-guerres et que, ayant tous les talents, il est armé pour la vie, même s’il doit la perdre prématurément en 1944. Soixante-dix ans après sa mort, une relecture attentive de son œuvre – forte d’une trentaine d’ouvrages et de plus d’un millier d’articles –, inachevée par le fait des circonstances, ouvre de nouvelles perspectives de découverte de Jean Prévost.

Prévost entre dans la « carrière » des lettres à l’âge de 23 ans par la grande porte, celle de La Nouvelle Revue française. Jusqu’à la soutenance de sa thèse sur Stendhal en 1942, il s’est dépensé sans compter, écrivant des essais, des romans, des préfaces, des articles et des conférences. Prévost aimait réfléchir, étudier, comprendre, résoudre. Bien penser était pour lui un métier, voire une vocation. « Prévost le multiple », écrivait justement Pierre Bost, le compagnon de toujours. Prévost débute en tant qu’essayiste avec des textes sur le corps humain (Plaisirs des sports) ; il poursuit sa progression avec des essais intimes (Tentative de la solitude, Brûlures de la prière et Essai sur l’introspection) à peine romancés, études de « cas-limites de l’esprit » consacrés à la poursuite d’un absolu intellectuel et de son « moi » profond, essayant de donner un sens à son existence. Le journalisme le requiert aussi, surtout dans la première moitié des années 1930, se tournant vers les titres de la grande presse afin de mesurer l’évolution d’un monde en pleine mutation à la suite de la crise de 1929. Avec la folle ambition d’influer sur le cours des choses. Paraissent entre 1930 et 1937 quatre romans (Les Frères Bouquinquant, Rachel, Le Sel sur la plaie et La Chasse du matin) et un recueil de nouvelles (Lucie Paulette).

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Prévost est un homme plein d’espérance : « J’ai cherché ici ce qui peut être l’espoir des hommes ; j’écrivais en un temps où nous avions besoin d’espérance. » Qui oserait dire que ce mot n’est pas d’actualité aujourd’hui ? Et qui oserait croire que nous n’aurions pas besoin en ce moment d’un écrivain et penseur de la trempe de Jean Prévost ? Un Jean Prévost multiple certes, mais aussi étonnamment moderne.

Emmanuel Bluteau est éditeur et journaliste, secrétaire général de l'Association des Amis des Jean Prévost et rédacteur en chef de la revue Aujourd'hui Jean Prévost. Il est également membre du G.I.E.N.

François Ouellet est professeur titulaire de littérature à l’Université du Québec à Chicoutimi, où il détient une Chaire de recherche du Canada sur le roman moderne. Spécialiste d’Emmanuel Bove et du roman de l’entre-deux-guerres, il est membre du Comité de lecture de la revue Aden, et collaborateur régulier à sa rubrique « Comptes rendus de lecture ». Il a publié une quinzaine d’ouvrages. Il est membre du G.I.E.N.

         Gilles Vergnon

Le "modèle" suédois
Les gauches françaises et l'impossible social-démocratie

Couv vergnon

Presses Universitaires de Rennes
Coll. "Histoire" (2015)

Gouvernée sans interruption de 1932 à 1976 par la social-démocratie, la Suède a longtemps suscité un vif intérêt sur la scène politique française, particulièrement à gauche, mais pas seulement. Dans les années 1970, de nombreux livres, articles et émissions de télévision, lui sont ainsi consacrés. Tous s’interrogent sur l’existence d’un «modèle» suédois : un modèle d’économie mixte, de compromis social, ou d’alternative au capitalisme selon les auteurs. C’est l’époque où Georges Pompidou, interrogé en juin 1969 par L’Express sur l’existence éventuelle d’un « pays modèle» en matière de rapports sociaux, répond : «Disons la Suède, avec un peu plus de soleil».

Dans cet ouvrage, Gilles Vergnon s’interroge sur l’influence d’un modèle réformiste étranger sur les différents courants des gauches françaises, dans un parcours qui nous conduit des années 1930 jusqu’à nos jours. Dans cette perspective, le livre propose « en creux » une histoire des projets réformistes en France, vus au miroir suédois, celui d’une expérience gouvernementale de gauche unique en Europe par sa pérennité et son apparent succès.

A l’heure où l’on parle beaucoup de « tournant social-démocrate » des socialistes français, le livre s’interroge enfin sur le sens et la possibilité d’un tel transfert.

Gilles Vergnon, agrégé d’histoire, est Maître de conférences habilité en histoire contemporaine à Sciences-Po Lyon. Ses travaux portent sur la Deuxième Guerre mondiale et l’histoire des gauches en Europe. Il a récemment publié L’antifascisme en France. De Mussolini à Le Pen (Presses universitaires de Rennes, 2009) et Résistance dans le Vercors. Histoire et lieux de mémoire (Glénat, 2013). Il est par ailleurs adjoint à la rédaction de la revue ADEN et membre du G.I.E.N.

 

Sophie Kurkdjian
Lucien Vogel et Michel de Brunhoff,
parcours croisés  de deux éditeurs de presse illustrée au XXe siècle

vogel

Institut Universitaire Varenne
Coll. des Thèses (décembre 2014)

Cette thèse retrace les parcours croisés de Lucien Vogel (1886-1954) et de Michel de Brunhoff (1892-1958), deux éditeurs de presse nés à la fin du XIXe siècle, et oubliés dans l’historiographie. Après La Gazette du bon ton en 1912, les deux beaux-frères lancent Vogue français et le Jardin des modes en 1920. Ces trois revues, qui accordent une place majeure à l’illustration, contribuent à moderniser radicalement la presse féminine. Le parcours éditorial de  Vogel et de Brunhoff, centré autour de la presse féminine, la presse d’art (Feuillets d’Art, Arts et métiers graphiques) et la mode, est semblable jusqu’à la fin des années 1920 avant de diverger en 1928 lorsque Lucien Vogel fonde le magazine photographique Vu. À partir de cette période, tandis que Brunhoff reste attaché à la réalisation de magazines de mode, Vogel s’engage sur la voie de la politique, défendant avec Vu, puis avec les journaux Le Petit Journal, Marianne et Messidor dont il prend la charge dès 1937, des idées de gauche et un antifascisme prononcés. 

Afin d’appréhender l’itinéraire général de Lucien Vogel et de Michel de Brunhoff tout en en saisissant les singularités – leur rôle dans le renouvèlement de la presse féminine et l’avènement du format magazine, leur intérêt plus général pour  les questions techniques liées à l’illustration, ainsi que les choix « politiques » opérés par Vogel durant les années 1930 -, cette thèse a entrepris une étude chronologique et comparée. En grande partie biographique, afin de mettre en lumière la personnalité et le parcours de Vogel et de Brunhoff de leurs débuts professionnels à leur fin de carrière, cette réflexion se veut aussi une contribution plus générale à l’histoire sociale et culturelle de la première moitié du XXe siècle, et principalement à l’histoire de la presse illustrée, et de la presse féminine dans laquelle ces éditeurs ont laissé l’image d’innovateurs mais aussi d’éditeurs esthètes et d’animateurs. Cette thèse appréhende également sous un angle nouveau l’histoire de la mode en s’intéressant au rôle de médiateur joué par les éditeurs auprès des lecteurs, ainsi que l’histoire de la photographie du début du XXe siècle du point de vue technique, artistique et politique. Parallèlement, ce travail éclaire l’histoire politique de l’entre-deux-guerres en s’intéressant au phénomène de médiatisation et au rôle de « passeur » intellectuel et culturel joué par les hommes de presse.

Sophie Kurkdjian, docteur en histoire de l'Université Paris I, est chercheur associée à l'IHTP/CNRS. Elle a publié sa thèse grâce à un Prix de Thèse qui lui a été remis en 2014 par la Fondation Varenne. Elle est membre du G.I.E.N.

 

Paul Nizan

Du conflit italo-éthiopien à la victoire du Front populaire espagnol
30 juin 1935-18 juillet 1936

Textes réunis, annotés et présentée par Anne Mathieu.
Préface de Pascal Ory
Biographie chronologique par Anne Mathieu
Postface d’Anne Mathieu

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Editions du Cherche Midi
coll. "Documents" (avril 2014).

“J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie.” Ces phrases célèbres de Paul Nizan ouvrant son pamphlet Aden Arabie (1931) marquaient les débuts de l’un des intellectuels les plus brillants des années trente. Romancier, pamphlétaire, l’essentiel de son temps fut dédié au journalisme à partir de 1935.

Devenu rédacteur politique à L’Humanité, l’intellectuel militant va y suivre des événements essentiels comme le conflit italo-éthiopien ou les élections du Frente popular en Espagne. Il y est également critique littéraire, ainsi qu’à Monde, l’hebdomadaire d’Henri Barbusse, ou à Commune, la revue de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires.

Ce volume se clôt au moment du déclenchement de la guerre d’Espagne. Les reportages antérieurs de Nizan montrent qu’il aura eu l’intuition d’un coup d’Etat imminent. Il aura aussi perçu, dans le conflit italo-éthiopien, les début d’une victoire des fascismes, face auxquels les démocraties n’affirment – déjà – qu’un aveuglement coupable.

Ce Nizan journaliste politique, méconnu, s’offre ici au lecteur d’aujourd’hui. Si l’orthodoxie communiste habite ces articles, elle n’oblitère pas, loin s’en faut, l’acuité de sa pensée.
Document sur l’entre-deux-guerres, ce livre permet aussi d’éclairer une époque.

Anne Mathieu est maîtresse de conférences à l’Université de Lorraine (Équipe LIS), membre de l’équipe Sartre/ITEM/CNRS, et Directrice de la revue Aden. Ses travaux portent sur Paul Nizan et de Jean-Paul Sartre journalistes et polémistes, sur Magdeleine Paz journaliste, ainsi que sur les intellectuels et écrivains-journalistes de la gauche internationale pendant la guerre d’Espagne (par exemple, Simone Téry). Elle est présidente et membre fondatrice du G.I.E.N.

François Ouellet

La Littérature précaire.
De Pierre Bost à Pierre Herbart.

Couv Littérature précaire 3 page 001

Éditions Universitaires de Dijon, coll. « Écritures » (2016)

Depuis les années 1980, la redécouverte de romanciers oubliés de la première moitié du XXe siècle a permis d’apprécier différemment l’activité littéraire de cette période faste. Complexe, partielle et partiale, cette histoire, dominée par Gide et la NRF, Proust, Aragon, Céline, Malraux et quelques autres, relègue dans l’oubli (au mieux dans l’ombre) bon nombre d’auteurs, pourtant doués, qui ont marqué de leur empreinte l’histoire du roman. Pour les faire revivre, cet ouvrage rassemble des études consacrées à Pierre Bost, François Fosca, Francis de Miomandre, Emmanuel Bove, André Thérive, Paul Nizan, Jean Prévost, Gabriel Chevallier, René Laporte et Pierre Herbart. Spécialiste du roman de l’entre-deux-guerres, François Ouellet situe ces auteurs dans leur époque en s’intéressant à la dimension intertextuelle de leurs œuvres, à l’inquiétude, à la difficulté d’agir et à l’apprentissage de la maturité qui caractérisent leurs personnages.